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Association Francaise des United World Colleges
« Faire de l'éducation une force qui réunit les peuples,les nations et les cultures pour construire un monde
en paix et un avenir durable ».

Jeunes de tous les pays, unissez-vous dans les lycées UWC
Article paru dans l'édition du Monde le 22 Juillet 2009Faire vivre et former ensemble des jeunes de tous pays pour promouvoir un monde pacifique : le projet éducatif mis en oeuvre dans les douze établissements scolaires que compte, sur quatre continents, United World Colleges, ONG internationale liée à l'Unesco, est peu connu en France. C'est la raison pour laquelle le comité français UWC rassemble, du 11 au 25 juillet, une quarantaine d'adolescents de 15 à 17 ans de vingt nationalités différentes à Megève (Haute-Savoie).
Le comité souhaite ouvrir un UWC en France. Sa présidente, Marie-Aude Stocker, espère que cette "miniexpérience" d'été donnera envie aux pouvoirs publics et à des donateurs privés de s'engager. Le lieu est trouvé : un bâtiment du futur mémorial du Camp des Milles, à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), camp d'internement sous l'Occupation. Tout un symbole pour UWC, présidée par Nelson Mandela. L'association "a été fondée dans les années 1950 par des Européens qui voulaient éviter que la seconde guerre mondiale ne se reproduise", rappelle Mme Stocker.
Expérience
Mais le budget est loin d'être bouclé. "Vingt millions d'euros" sont nécessaires, précise Corinne Martin, viceprésidente de UWC France : "Dix millions d'euros pour les infrastructures et dix millions d'euros pour le fonds d'investissement qui financera les bourses." Aujourd'hui, seul "un quart" du total est assuré.
Quelque 3 000 jeunes bénéficient de cette éducation à travers le monde. Ils ont été choisis par l'un des 130 comités nationaux "sur le mérite et la motivation, mais non sur la capacité des parents à payer", assure Mme Stocker. D'ailleurs, souligne-t-elle, quelques établissements ne comptent que des boursiers tandis que d'autres en contiennent au moins la moitié.
Les douze UWC sont d'abord des lycées qui préparent pendant deux ans au baccalauréat international, diplôme reconnu dans le monde entier. Le cursus se déroule en anglais ou en espagnol.
Mais le projet ambitionne de dépasser la simple dimension scolaire. Les après-midi sont consacrés au sport, à des activités artistiques et à un "service civique", engagement bénévole à caractère humanitaire. Au sein de ces collèges internationaux, "la célébration des différences" se fait au quotidien. "Quand on partage un internat pendant deux ans avec des jeunes du monde entier, on n'est plus dans le concept, mais dans l'expérience", explique Mme Stocker.
Ancienne élève de l'UWC de Singapour, Pauline Charbon, 17 ans, qui participe à la rencontre de Megève, s'est fait des amis indiens, irlandais, belges ou brésiliens. Elle se dit "citoyenne du monde". Tout comme Helen Naser, présente elle aussi à Megève. Allemande de 19 ans, étudiante à Sciences Po, elle a bénéficié d'une bourse de "20 000 dollars par an" pour suivre sa scolarité à l'UWC des Etats-Unis. "Quand j'entends parler de l'Irak, dit-elle, ce n'est plus abstrait. Une de mes amies est irakienne. Ça change tout."
Benoît Floc'h

